Seigneur Sauve nous!


Lecture: Matthieu 8:25


N'avez-vous pas l'impression que nous vivons une étrange époque?
D'un côté, la communauté des chrétiens est en effervescence. Pas une réunion, pas un culte où l'on ne rappelle que la présence de tous est absolument nécessaire, pour ne pas dire obligatoire, qu'il faut participer, qu'il faut s'investir, qu'il faut agir. La liste des activités, des services mis en place par l'église s'allonge, de telle sorte qu'il n'est pas rare que deux réunions aient lieu en même temps. Les chrétiens passent leur temps à courir d'une réunion d'information à un conseil d'administration, puis à un groupe de travail, puis à une table ronde, pour chercher des idées pour d'autres activités. Tout ce microcosme s'agite, s'affaire, se précipite, s'active, entreprend...

De l'autre côté, le nombre de nouveaux convertis à Jésus est faible, et même la qualité des conversions qu'on présente à l'église en vue du baptême d'eau, n'est souvent pas à la hauteur de ce que l'on pourrait espérer. Un pourcentage non négligeable de nouveaux adeptes arrêtent d'ailleurs rapidement de fréquenter l'église. Les malades sont nombreux, les guérisons rares. Beaucoup de personnes fréquentant les cultes, même de façon assidue, présentent des signes évidents de liens qui les bloquent dans leur vie spirituelle. Les baptêmes dans le Saint Esprit sont rares. Les chrétiens qui en font l'expérience se contentent, le plus souvent, de parler un peu en langues, de temps en temps ...

Tout se passe comme si l'évangile n'était plus une puissance de salut, comme si la prédication de la croix n'était plus suffisante pour amener nos concitoyens à la conversion à Jésus. On a l'impression que la prière de la foi n'est plus efficace pour guérir les malades, libérer les opprimés, et délivrer les possédés. Alors, puisque tout ceci ne marche plus comme par le passé, on décrète qu'il faut changer de méthode, car notre époque est difficile. Le Saint Esprit, qui doit avoir vieilli, ne comprend pas nos jeunes. Et l'on cherche ce que l'on pourrait bien faire pour combler ce vide.

Le livre d'Esther (Esther 4:11), nous montre une époque pendant laquelle l'épouse, image de l'Eglise, se trouve dans une situation comparable. (Voilà trente jours que je n'ai plus été invitée à venir chez le roi). Esther était toujours la reine, mais elle avait perdu son intimité avec le roi. Curieusement, c'est à cette période que Haman, l'agagite, prend une place de plus en plus importante dans le royaume. L'ennemi sait toujours saisir l'occasion de s'insinuer dans l'église dès que cette dernière n'entretient plus son intimité avec le roi. Puis, lorsque cette situation se prolonge, Haman dévoile son but (de toujours) : détruire le peuple de Dieu.

L'épouse devra alors se ressaisir, prier, jeûner, se revêtir de ses effets royaux, et, enfin, se décider à rencontrer son roi. Le risque semble énorme. Le roi peut très bien décréter de ne pas recevoir l'épouse qui se présente devant lui. Si c'est le cas, elle sera exécutée.

L'heure est-elle suffisamment grave, la situation assez désespérée pour que l'église se ressaisisse et décide de retourner vers son roi ? En fait, le risque encouru n'est que relatif, car la mort spirituelle la guette de toute façon. La potence est même déjà dressée (Esther 5:14). L'ennemi et ses proches sont sûrs de leur fait, l'homme de Dieu va périr.

Enfin, l'épouse est prête. Elle s'est humiliée, et reconnaît que seul, le roi, peut la sauver, qu'il est le seul recours possible. Le cœur battant, elle entre dans la cour intérieure du palais, espérant de toute son âme, que le roi ne la rejettera pas, ne la condamnera pas à mort, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Lorsqu'elle entre dans la cour intérieure du palais, le roi est occupé aux affaires du royaume. Il siège sur son trône. Que va-t-il se passer ? L'éloignement de la reine d'avec son roi a-t-il aigri ce dernier ? A-t-il du ressentiment, une rancoeur ? Son amour pour la reine s'est-il émoussé ? Mais non, l'amour de notre roi est intact. Regardez le (Esther 5:2). Dès que la reine paraît, les yeux du roi s'allument du plaisir de la voir, si belle. Un tendre sourire apparaît aussitôt sur ses lèvres. Il lui tend son sceptre royal. Les affaires du royaume peuvent attendre. A ce moment, comme par le passé, Esther obtient la faveur du roi.

Aujourd'hui, l'Eternel t'attend. Il siège sur son trône, car il est un grand roi en exercice. Il est occupé aux affaires du royaume. Mais qu'importe. Il n'espère qu'une chose, que tu pénètres dans la cour intérieure, dans l'intimité de ta chambre, que tu t'humilies et reviennes à lui de tout ton cœur. Il est prêt à t'accueillir avec un geste tendre et à te dire : "Quelle est ta requête ?" Puis, sans même attendre ta réponse, il poursuivra : "Elle t'est accordée, jusqu'à la moitié du royaume" (Esther 5:3). Ne tarde pas, reviens à ton roi. Ton salut, et celui de tes proches est à ce prix. Avec la faveur du roi, la victoire sur l'ennemi sera complète comme le raconte le livre d'Esther. Ne tarde plus.


Auteur :
ROGER Jean-Michel