Lettre à l'Eglise de Philadelphia

Les lettres de Patmos - Les 7 lettres de l'Apocalypse - Etudes de Gilbert Aellig, pasteur de l'Action Biblique.

 

Apocalypse 3:7 Ecris à l’ange de l’Eglise de Philadelphie, Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clé de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira, 8 Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. 9 Voici, je te donne quelques-uns de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et reconnaître que je t’ai aimé. 10 Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. 11 Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. 12 Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. 13 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.

 

La ville de Philadelphie

 

Comme Sardes, la ville de Philadelphie fut construite au pied du Mont Tmolos mais sur un autre versant à 45 km de sa voisine. Ces deux Eglises sont donc géographiquement bien proches mais si différentes de caractère, ce qui arrive aussi aujourd'hui... Située en Lydie dans une vaste dépression qui donne sur la vallée de l'Hermus, Philadelphie est édifiée sur une colline facilement défendable. Ainsi, elle a pu résister longtemps aux Turcs.

 

Fondée par Attale II Philadelphe (159-138 av. J.C.), Philadelphie est donc plus récente que la plupart des autres villes mentionnées dans l'Apocalypse. Attale aimait beaucoup son frère d'où son deuxième nom transmis à la ville et signifiant « amour fraternel ». Le problème principal de Philadelphie, ce sont les tremblements de terre, car elle est située sur un point sensible. La ville fut complètement détruite en 17 après Jésus-Christ. Suite à d'autres secousses, elle subit des dommages pendant vingt ans. La phrase Du vainqueur je ferai une colonne dans le Temple de mon Dieu prend une connotation ironique à la lumière des faits précédents... On aspirait vraiment à du solide dans cette ville, même dans l'Eglise locale...

 

Philadelphie fut rebaptisée « Nouvelle Césarée » en signe de gratitude envers Tibère qui avait contribué à sa reconstruction. Le district de Philadelphie était propice à la vigne et cette ville est devenue un centre d'adoration de Dionysos (Bacchus), dieu du vin. Malgré les pressions musulmanes, on dit de Philadelphie qu'un témoignage chrétien s'est maintenu dans ses murs longtemps pendant le Moyen Age et même les temps modernes. Relisons le verset sept.

 

La présentation de Jésus-Christ

 

Il est saint, complètement séparé du péché, mis à part pour l'œuvre de Dieu et pour l'accomplissement du salut de l'humanité. En fait, il est le seul à n'avoir jamais subi la loi du péché. Il est véritable. Il n'a jamais accompli autre chose que le vrai, dans ses actes, ses paroles, ses pensées. Jésus-Christ possède encore la clé de David. En Esaïe 22:20-22, nous apprenons qu'Eliaquim portait sur son épaule la clé de David. Il avait donc le pouvoir d'ouvrir et de fermer le palais du roi.

 

 

Aujourd'hui encore et symboliquement, il arrive que les autorités d'une ville offrent la clé de leur cité à quelqu'un qu'ils désirent honorer. Mais avant Eliaquim, c'est le roi David qui avait reçu le pouvoir de gouverner. Logiquement, selon la généalogie, le successeur de David, c'est Jésus-Christ lui-même.

 

Cette clé symbolise son pouvoir de régner. En Apocalypse 1:18, nous apprenons que Jésus-Christ tient les clés de la mort et du séjour des morts. Maintenant, il règne sur les Eglises et les croyants obéissants. C'est lui qui ouvre la porte de l'éternité aux croyants et la ferme aux incroyants qui persévèrent dans leur impiété.

 

Le Seigneur a transmis à Pierre les clés du Royaume (pas les clés du ciel !). Avec elles, cet apôtre a ouvert la porte du salut aux Juifs à la Pentecôte, puis aux Samaritains et enfin aux païens chez Corneille. A leur tour, les fidèles de Philadelphie sont associés au Seigneur qui met devant eux une porte ouverte que nul ne peut fermer. Ils reçoivent donc le pouvoir de présenter le salut à d'autres.

 

Cette Eglise est un excellent chandelier qui accomplit bien son service de répandre abondamment la lumière du Seigneur.

 

Les qualités de l'Eglise de Philadelphie

 

Je connais tes œuvres. Comme les six autres Eglises, elle subit l'évaluation du Seigneur. Les Eglises d'aujourd'hui n'échappent pas à ce processus, qui, il est vrai, est intimidant pour les responsables. Cela nous pousse à craindre Dieu et à accomplir notre service le plus soigneusement possible : fermeté pour les choses importantes et amour fraternel, tolérance pour les détails, sinon la vie de la communauté est impossible. Si notre Seigneur est exigeant, nous savons aussi qu'il est miséricordieux et compatissant.

 

Nous connaissons certains résultats de l'évaluation du service de l'Eglise de Philadelphie. Elle a gardé la Parole. Ce qu'il faut faire, mais qu'on ne fait pas toujours, hélas. Il faut que la Parole garde la place prioritaire dans l'Eglise locale et dans nos vies. Philadelphie est une ville peu puissante, pas aussi prestigieuse qu'Ephèse et les autres métropoles de l'Asie Mineure... mais l'Eglise de cette ville a fait mieux que celles des villes citées ci-dessus... Elle a gardé la Parole de la persévérance. La fidélité à la Parole a duré, cela n'a pas été un feu de paille. Elle n'a pas renié le nom de Jésus-Christ.

 

On compare souvent les caractéristiques de l'Eglise de Philadelphie à celles des Eglises évangéliques et missionnaires des dix-neuvième et vingtième siècles. Cette application est flatteuse. En un sens, il est vrai que de très belles pages de la vie des Eglises et surtout des missions ont été écrites à cette époque. Mais est-ce que vraiment les Eglises évangéliques actuelles, notamment celles de Suisse romande méritent d'être comparées à celle de Philadelphie ? J'ai des doutes, mais le Seigneur sait mieux que nous.

 

Les promesses faites à l'Eglise de Philadelphie

 

Elle a obtenu une porte ouverte que personne ne peut fermer, celle du service, du ministère, de l'évangélisation, du témoignage. Jésus-Christ lui livrera ses ennemis, c'est-à-dire les gens de la synagogue de Satan qui se disent Juifs et ne le sont pas. Ils se prosterneront à ses pieds.

 

Jésus n'est pas dupe. Les ennemis de Philadelphie devront rendre justice à cette Eglise. On ne se moque jamais de Dieu. L'Eglise locale sera gardée de l'heure de la tentation qui vient sur ce monde. Des temps difficiles sont annoncés pour l'avenir, voir 2 Timothée 3 :1-5. 1 :

« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. 2  Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, 3  insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, 4  traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, 5  ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne-toi de ces hommes-là. » Ont-ils déjà commencé ? Cela se peut. Concubinage, homosexualité, avortement, euthanasie active, violence ont le vent en poupe. Les valeurs bibliques sont de moins en moins respectées. Moralement, les temps sont déjà difficiles, c'est sûr, mais il n'est pas bon de paniquer.

 

Jésus-Christ lui-même promet de garder les rachetés fidèles de cette heure marquée par l'épreuve. Lot n'est vraiment pas l'homme le plus fidèle de l'Ancien Testament et pourtant le Seigneur ne l'a pas lâché au moment de la destruction de Sodome. Il a pris soin de lui et l'a fait échapper à la catastrophe. Combien plus, le Seigneur prendra soin des fidèles qui devront affronter ces temps difficiles.

 

Je viens bientôt. L'annonce du retour imminent de Jésus-Christ est une constante de l'Ecriture et c'est difficile à comprendre pour nous, car cela fait deux mille ans que la Bible l'a affirmé et le Seigneur n'est toujours pas là... Mais Dieu se situe au-dessus du temps. Même s'il fallait attendre encore quelques millénaires, c'est toujours bientôt. En effet nous devons agir, penser, prier, témoigner, servir dans la perspective d'un retour proche du Seigneur.

 

L'ordre du Seigneur à l'Eglise de Philadelphie

 

Tiens ferme ce que tu as. Tiens ferme les valeurs qui sont les tiennes : elle garde la Parole, elle est fidèle, persévérante, elle n'a pas les défauts des autres Eglises. Elle doit rester ferme. Pourquoi ? A cause de la couronne qui représente les récompenses promises aux fidèles. Oui, la couronne se mérite, peut se perdre, être volée. Ayons l'ambition de ne pas seulement être sauvés comme au travers du feu, mais bien plus d'être sauvés et récompensés par une ou plusieurs couronnes.

 

La promesse au vainqueur

 

Elle est à nouveau très belle. Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu. Quelle ironie ! Une colonne dressée dans le temple de Dieu, alors que Philadelphie était une ville sujette aux tremblements de terre. Que cette parole est riche de sens pour les gens du lieu : Dans la Bible, quelques apôtres ont été comparés à des colonnes. Jacques, Céphas et Jean sont considérés comme des colonnes, des hommes forts capables de soutenir les Eglises locales, Galates 2 :9.

 

Combien ce besoin est crucial. Une Eglise ne peut pas subsister et encore moins se développer sans ce ministère fondamental et il me semble que ce type de personnes soit de plus en plus rare. Ne voudrions-nous pas reconsidérer notre consécration ? La promesse va plus loin : ces colonnes seront dressées éternellement dans le Temple de Dieu. De plus, Dieu écrira sur le vainqueur le nom de Dieu, le nom de la ville de Dieu et le nom nouveau de Jésus-Christ. Il est difficile de comprendre l'ampleur de cette bénédiction, mais ce qui est sûr, c'est que les vainqueurs ont leur place dans la patrie céleste, ils y sont officiellement admis. On disait de certains anciens serviteurs qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre et qu'ils aspiraient à la cité céleste.

 

Cette merveilleuse réalité est précisée ici et la promesse du Seigneur est sûre. Nous pouvons y croire, espérer et nous réjouir à condition d'être vainqueurs.